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  • Club thérapeutique de Saumery

INTER-CLUB / T.R.U.C.

Le sourire...

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 23:33
Monsieur Pugnière anime l’atelier sculpture à la clinique de Saumery depuis quatre ans environ.
Une moyenne de 5 à 6 patients y participe régulièrement.

Sur la proposition du Docteur Gisbert, une convention existe depuis 2 ans et demi avec la clinique mais le club thérapeutique n’intervient pas.

   L’institution met à disposition pour les mois d’hiver l’Orangerie et un préau pendant l’été. L’atelier a lieu chaque   mercredi de 11h00 à 12h30.



"La pierre, trace de vie : la pierre calcaire  n’existe sur Terre que grâce au métabolisme et consciemment ou inconsciemment je sais que la vie de cette pierre va me dépasser et que cette rencontre n’est jamais anodine."        
                                                             Denis Pugniére

                     
   Le travail

  • Se présente sous la forme de cours puis d’atelier de sculpture sur pierre.                                            ( Calcaire tendre uniquement )
  • D’abord, formes d’empreintes puis reliefs.
  • Ensuite percer une pierre : « créer de l’ouvert » disait récemment Jean OURY.
  • Puis tentative de ronde bosse.
  • Le travail est très guidé au début, puis de plus en plus libre.
  • Les patients choisissent eux-mêmes la pierre dans laquelle ils vont travailler. Pierre qui peut révéler des surprises. (Failles, particules gréseuses, tâches, rayures) qui peuvent prendre sens dans son travail


        Discussion du groupe sculpture autour dun café :

Odile
« Nous commençons par faire une main gauche et après une main droite comme travail analytique. Puis avec des outils et différentes pierres nous abordons des approches variées, chacune singulières qui reflètent une émotion, une construction mentale.
Nous sommes libres de choisir ce que l’on veut faire et apparaît alors une sculpture propre à soi-même. C’est thérapeutique dans le sens où l’on se réalise à travers une sculpture parfois réussie.
 C’est enrichissant car nous sommes plusieurs à faire des choses aussi belles que différentes. »
                                                        


André
« On n’a pas la boîte à outils d’emblée. Une construction de soi comme un lego avec moi et le sculpteur. (Il est bien question de  construction de l’ego, nous précise M. Pugniére). Une dynamique qui va s’installer et va permettre de bousculer des pensées obsédantes, envahissantes et les remplacer par une créativité fertile …. »

                                                    

Éliane
 « Ma main et celle de Christelle sont à elle deux, deux monde. Dans la pierre, on met une empreinte tout à fait personnelle. »

Luis
« Quelle est la  sensation éprouvée au contact de la pierre ? »

David
« Rien de spécial. »

Éliane
« On ne parle pas du contact parce que nous utilisons un burin et des ciseaux. »

David
« Je touche la pierre pour la bouger ou pour poser ma main pour l’empreinte. Mais pas de sensation. »

Éliane
« J’éprouve beaucoup de plaisir à sculpter et aucun désir de mettre ma main sur la pierre. »

Christelle
« David fait une pierre qui est superbe pour moi. J’ai fait descendre la poudre, ça faisait comme une cascade. Au contact, ça peut être doux et apaisé. Ou bien rugueux ce qui m’évoque quelque chose d’un peu brutal et agressif. Je prends plaisir à toucher. Quand j’ai touché la pierre d’Eliane, il y avait des endroits rugueux que j’aurais aimé gommer pour adoucir. Il y a du perfectionnisme chez moi : j’enlève tout ce qui est dérangeant. C’est un côté que je ne connaissais pas mais dont je suis davantage consciente maintenant.
La cicatrice inscrite dans la pierre, je l’ai abrasée avec du papier de verre. Elle apparaît encore. C’est une trace qui ne s’efface pas. Je dois vivre avec. »

Éliane
« Faire une main, ça à l’air de rien ! Elle contient beaucoup de tensions. La main révèle la psychologie de la personne. Tu ne peux pas cacher ce qui s’est passé.»

Christelle : « La première fois que j’ai sculpté ma main, Denis ne pouvait rien lire parce que j’avais tout caché. J’ai recommencé par-dessus en faisant plus de  « brut » ».

Éliane : « Quand on sculpte c’est l’inconscient qui s’exprime immédiatement. Je ne peux pas gommer, je ne sais pas ce qui va être dit.
 Dans l’exercice de base avec la main, j’y suis allé « bêtement ». En un coup de crayon Denis avait cerné la question. Visuellement j’aime bien le résultat. Mais quand je mets ma main dans l’empreinte, ça ne me va pas. Il y une différence entre ce que je vois de ma main et ce que je sens en mettant ma main dans l’empreinte. »

Christelle : « Pour moi l’important c’est que ma main soit à sa place dans la pierre. Nos traces inconscientes viennent se poser sur la pierre. Grâce à Denis, elles nous sont révélées. »

Éliane : « ça me fait plaisir de voir les aspérités. Ça fait partie de mon histoire que j’ai intégrée. C’est mon identité. Une main lisse ça me fait peur. Mais en même temps quand j’ai mis ma main dans mon empreinte, j’ai trouvé cela inconfortable.
Christelle, pourquoi avez-vous lissé ? »

Christelle : « J’ai besoin que ce soit calme autour de moi par contre je n’efface pas tout, la cicatrice est restée.
Il se peut que la pierre nous résiste : c’était par rapport à un endroit que je trouvais très dur et que je n’arrivais pas à sculpter. Denis m’a dit que je pouvais y revenir plusieurs fois. J’y suis arrivée même si c’était dur psychologiquement. J’ai pris conscience que rien n’est impossible. »

Odile : « Le sculpteur aide à creuser la pierre, à vaincre, se libérer et faire ce qui vient. Au début je faisais des choses abstraites, des formes agressives. Maintenant je fais des formes plus nettes, moins agressives. Cela m’aide à vaincre ma paranoïa. Des fois Denis est dur, mais c’est pour notre bien. »

Florence : « On croit que le plus difficile dans la sculpture, c’est de créer. Mais en fait c’est de s’approprier et de rechercher la finalité de l’œuvre. »

Luis : « Que voulez-vous dire ? »

Florence : « Au début, je suis face à la pierre avec mes désirs : je veux faire ça, ça… Mais en fait il faut s’approprier la pierre. Savoir s’arrêter au bon moment ou continuer pour perfectionner son travail. »

David : « Il faut rester conscient. Quand on fait de manière inconsciente, on n’a pas une vision aussi claire et globale, pas de recul. On ne fait pas attention aux autres. Quand on est conscient c’est plus posé.

Anaïs : « C’est un dialogue entre vous et la pierre.»

David : « Au début quand la pierre est neuve, j’ai une appréhension. Parfois je fais une pierre que je réussis, parfois non. Neuf fois sur dix je n’arrive pas à réaliser ce que je veux faire (Buste, visage) parce que Denis ne donne pas de technique

Florence : « Si je creuse plus, si je lisse encore. Est ce que se sera toujours ce que je voulais dire par rapport au jet initial ? »

Christelle : « David fait beaucoup de trous dans la pierre. »

David : « Je vais depuis deux ans à la sculpture, c’est un moyen d’expression pour notre inconscient. Au bout d’une heure, tout le monde La concentration ! Fatigue du geste. Cela procure une bonne sensation, ça enlève quelque chose de soi, un mal ! Quand un bout de pierre part c’est un étonnement.
Quand j’arrive à faire ce que j’attendais, c’est une satisfaction. Et je trouve alors un accord entre ce que je suis et ce que j’ai fait. »

Christelle : « J’ai déjà ressenti de la colère. »

David
« ça évacue le sentiment de colère. »


Christelle
« La séance ne dure pas assez longtemps, on a du mal à s’arrêter. »


André, Anthony, Christelle, David, Denis, Eliane, Florence, Odile. Propos recueillis et ordonnancés  par Anaïs et Luis
Février-Mars 2009

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commentaires

Denis Pugnère 20/01/2011 18:45



Merci à tous de vos commentaires vivants de cette expérience sans cesse renouvellée chaque semaine qui dure depuis novembre 2004;


Merci aussi à "Monsieur Courant d'air", qui a su demander...


Merci à Nathalie Gisbert, qui a su accepter....


Merci à vous tous, mes compagnons de route, nous poursuivons notre chemin sans hate...


Denis Pugnère